croatie.eu le pays et ses habitants
Daims dans le parc national de l'archipel des Brijuni. Hormis pour sa nature préservée, ce parc est aussi un lieu chargé d'histoire puisque la Déclaration établissant le Mouvement des non-alignés y a été signée en 1956, en pleine Guerre froide.
Géographie et population

Espaces naturels protégés

Le grand nombre d’aires et de phénomènes naturels protégés témoignent avant tout de l’exceptionnelle richesse et du niveau de préservation du patrimoine naturel, dont certains joyaux, tels que les Lacs de Plitvice, sont mondialement connus.

Les premières codifications en matière de protection de l’environnement en Croatie remontent au xiiie siècle, lorsque l’abattage des arbres fut réglementé dans les régions de Trogir, Korčula et Dubrovnik. Toutefois, les mesures de protection de la nature, scientifiquement fondées, n’apparaissent qu’à la fin du xixe siècle.

Aujourd’hui, la loi sur la protection de la nature définit 9 catégories de protection géographiques. Les territoires les plus remarquables et les plus exceptionnels sont protégés au sein de 2 réserves naturelles intégrales, 8 parcs nationaux et 12 parcs naturels.

Espaces naturels protégés
Les zones naturelles protégées en Croatie (noms en croate)
La réserve naturelle intégrale de Rožanski et Hajdučki kukovi, fait partie du Parc national du Velebit du Nord.
Nacionalni park Plitvička jezera
Le parc national de Plitvice (fondé en 1949), est le plus ancien parc national de Croatie. Il a été inscrit en 1979 sur la Liste du patrimoine naturel mondial de l'UNESCO.
Skradinski buk (fondé en 1985). Une des chutes du Parc national de Krka. C'est sur cette même rivière qu'en 1895 Nikola Tesla construisit la toute première centrale hydroélectrique d'Europe.

Les deux réserves naturelles intégrales, espaces naturels vierges, abritent les sites de Bijele et Samarske stijene dans le Gorski kotar, ainsi que les sites des Hajdučki et Rožanski kukovi, situés au sein du parc national du Velebit du Nord.

Les parcs nationaux renferment de vastes territoires, en grande partie intacts et comportant un ou plusieurs écosystèmes protégés. Les parcs nationaux de Plitvice et de Krka, espaces à la morphologie et à l’hydrologie karstiques uniques se distinguent par leur chutes majestueuses et leur succession de lacs en cascades séparés de barrages de travertin. L’archipel des Kornati et l’île de Mljet sont des parcs nationaux offrant des paysages extraordinaires et dotés d’une faune et flore sous-marines exceptionnellement riches.

Parc national de Mljet (fondé en 1960)
Parc national de l’archipel des Brijuni (fondé en 1983) : vue aérienne des vestiges de l’ancien castrum byzantin.
Parc national de Risnjak (fondé en 1953)
Parc national de Paklenica (fondé en 1949)

Le parc national de l’archipel des Brijuni abrite, quant à lui, des parcs cultivés, ainsi qu’un patrimoine culturel et historique unique datant de l’Antiquité. Les parcs nationaux de Risnjak, de Paklenica et du Velebit du Nord, situé au cœur de régions montagneuses, présentent un relief caractérisé par de nombreux rochers calcaires, de profonds canyons, de hauts pâturages, de vastes forêts et la présence de nombreuses espèces endémiques.

Les parcs naturels comportent des espaces cultivés présentant d’importantes caractéristiques écologiques, et où certaines activités économiques sont autorisées. Sur l’ensemble des 12 parcs naturels, 7 se situent en zone montagneuse les parcs naturels du Velebit, de Dinara, du Biokovo, de la Medvednica, du Papuk, de l’Učka, ainsi que celui du Žumberak-Samobor. Les parcs naturels insulaires de Telašćica et de l’archipel de Lastovo se distinguent, quant à eux, par une grande biodiversité à la fois terrestre et marine. Le parc du Kopački rit et celui de Lonjsko polje, situés dans une région de plaine inondable, abritent les habitats d’espèces animales rares, mais aussi des exemples typiques de l’architecture traditionnelle. Le parc du lac de Vrana, joue un rôle important pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui y nidifient et y passent l’hiver.

Réserve ornithologique de Crna Mlaka aux environs de Zagreb.
Parc naturel de Kopački rit, en Baranja, créé en 1967.
Opeka, aux environs de Varaždin, est, avec Trsteno près de Dubrovnik, l’arboretum le plus connu.
Le loup (Canis lupus) est un des trois grands carnassiers strictement protégés en Croatie, avec le lynx et l'ours brun.

Les 8 parcs nationaux et 12 parcs naturels couvrent à eux seuls une superficie de 5 930 km², représentant 10,1 % du territoire national.

Les autres catégories de protection de la nature sont : la réserve naturelle spécifique, le parc régional, le monument naturel, le paysage significatif, le parc-forêt et le monument d’architecture paysagère. Toutes les activités de la protection de la nature sont gérées par l’Institut national pour la protection de la nature.

Certaines aires protégées sont intégrées aux systèmes internationaux de protection de la nature. Outre les lacs de Plitvice, depuis 2017 sont également inscrites sur la Liste du patrimoine naturel mondial deux forêts de hêtres primaires situées sur le massif du Velebit. Quant au massif du Velebit et au parc régional Mur-Drave (partie intégrante de la réserve de biosphère transfrontalière Mur-Drave-Danube), ils participent au réseau international des réserves de biosphère MAB (The Man and The Biosphere/L’homme et la biosphère). De même, le parc naturel de Kopački rit et de Lonjsko polje, le delta de la Neretva, la réserve ornithologique de Crna Mlaka et le parc naturel du lac de Vrana (Vransko jezero) sont inscrits sur la liste des zones humides d’importance internationale de Ramsar. Le parc naturel de Papuk fait, quant à lui, partie du réseau européen des géoparcs.

Enfin, avec l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne, tous les espaces protégés du pays et ceux reconnus d'importance écologique ont rejoint les sites terrestres et marins du réseau Natura 2000.

La flore et la faune

La Croatie se caractérise par une flore unique et d’une grande biodiversité, une des plus riches d’Europe par le nombre d'espèces végétales. En raison des variations climatiques qu’elles connaissent et de leur situation géographique, les régions littorales croates, qui font partie intégrante de l’espace méditerranéen, diffèrent considérablement par la composition et l’apparence de leur végétation des autres régions de plaines ou de montagne de l’intérieur du pays, appartenant, quant à elles, à l’espace eurosibérien. Toute la flore, notamment la végétation forestière, porte l’empreinte de ces différences.

Le phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus), connu sous le nom d’homme des mers, est l’espèce de pinnipèdes la plus menacée au monde. Il passe une partie de sa vie sur terre, dans les grottes ou endroits difficilement accessibles.
Le vautour fauve (Gyps fulvus), espèce menacée : plus de 110 couples nidifiants ont élu domicile dans les deux réserves ornithologiques principalement de l’île de Cres.
La chauve-souris (Chiroptera), hôte habituel des grottes souterraines.
La cigogne blanche (Ciconia ciconia), environ 1300 couples de cette espèce protégée nidifient en Croatie.

Le caractère unique de la flore est tout aussi important que sa biodiversité. On trouve un grand nombre d’espèces endémiques, particulièrement sur les îles de l’Adriatique et les massifs montagneux du Biokovo et du Velebit. La flore croate compte 8 871 espèces et sous-espèces (selon certaines estimations leur nombre pourrait dépasser les 10 000), dont 526 sont endémiques (environ 6 %), et 1 088 sont protégées (environ 12 %).

La loutre (Lutra lutra) est une espèce protégée.
L’ours brun (Ursus arctos) est un grand prédateur strictement protégé. À Kuterevo, sur le massif du Velebit, se trouve un refuge pour les oursons orphelins ayant perdu leur mère par accident ou à cause du braconnage.
Le protée anguillard (Proteus anguinus), espèce endémique du karst dinarique.
Le grand dauphin (Tursiops truncatus), vit principalement dans les eaux des environs de l’île de Lošinj.

La faune croate comprend toutes les espèces animales qui de manière permanente ou temporaire habitent ses régions. Le territoire croate est le lieu où s’entrecroisent les aires de répartition géographique d’espèces animales caractéristiques des régions du nord de l’Europe, et celles de la Méditerranée occidentale et orientale.

On estime actuellement que la faune croate compte 23 876 espèces et sous-espèces, dont 565 (ou 2,4 %) sont endémiques et 1 624 (ou 6,8 %) sont protégées.

Le lynx (Lynx lynx), grand prédateur strictement protégé, est un hôte habituel des régions de Gorski kotar et de Lika.
La degenia de Velebit (Degenia velebitica), la plus connue des espèces endémiques, pousse sur le Velebit.
L’œillet croate (Dianthus croaticus), espèce endémique, pousse dans Gorski kotar et en Lika.
L’iris croate (Iris croatica), espèce endémique, pousse dans le nord du pays.

On trouve des espèces endémiques dans presque tous les groupes d’animaux, celles-ci étant les plus fréquentes dans les régions karstiques, les rivières du bassin versant de la mer Adriatique et sur les îles. Les rivières karstiques du bassin adriatique abritent 88 espèces de poissons, dont 44 sont endémiques. Plus de 50 % des espèces de reptiles sont endémiques. Sous terre, le karst est encore plus varié : le karst dinarique abrite le plus grand nombre d’espèces troglobies (cavernicoles) au monde (80 espèces).